L’opposition MR au Parlement bruxellois a analysé aujourd’hui le politique de mobilité prévue par le gouvernement bruxellois pour l’année 2021. Celle-ci était défendue en Commission mobilité par la ministre Elke Van den Brandt ce mardi et malgré les tièdes justifications de cette dernière, il en ressort une impression durable d’amateurisme et de chaos. Une impression renforcée par les tensions de plus en plus visibles sur les routes bruxelloises.

Les tentatives de justification de la ministre Elke Van den Brandt n’ont guère convaincu une opposition bruxelloise sévère mais qui se voulait également constructive.

« Pour commencer, nous tenons à saluer les efforts de l’ensemble du personnel des administrations, de la STIB et du Parlement quant aux circonstances difficiles que notre pays connaît actuellement », introduisait David Weytsman (MR), député bruxellois et vice-président de la Commission Mobilité. « Si ces circonstances justifient du retard dans certains dossiers, elles n’expliquent ni les cafouillages de la majorité, ni son manque de concertation, ni son manque d’ambition. Le gouvernement bruxellois manque clairement d’ambition et de cohérence dans sa politique de mobilité. Nous constatons que la ministre a travaillé sans priorité claire, sans concertation et avec une communication chaotique, cacophonique et clivante. Aucun objectif clair n’a été décidé pour la fluidité et la rapidité des modes, aucune avancée n’a été réalisée pour décongestionner la ville en période post-covid et nous remarquons même une opposition aux voitures propres. Aucune confiance n’est accordée non plus aux acteurs privés de la mobilité. Pourtant, c’est en travaillant davantage avec eux que nous pourrions booster la mobilité douce et provoquer un shift modal. »

Les libéraux bruxellois dénoncent avec vigueur la logique de confrontation dans laquelle s’enlise la ministre Van den Brandt. Celle-ci est dangereuse mais surtout inutile. En particulier pour un enjeu aussi primordial que la mobilité. Ils regrettent également le manque de concertation et de participation citoyenne lorsque celle-ci ne va pas dans le sens des Verts. Nous assistons aujourd’hui à des prises de décisions qui amènent une mobilité totalement déconnectée de la réalité. Même sur des dossiers planifiés de longue date, l’amateurisme observé dans la mise en œuvre de certains dossiers dégrade encore la position de Bruxelles et son attractivité.

« Ce gouvernement tente systématiquement de mettre la charrue avant les bœufs », regrette Anne-Charlotte d’Ursel, présidente de la Commission Mobilité. « Il établit une zone 30 généralisée avant les aménagements qui vont amener la population à la respecter. Il met en place une zone de basses émissions avant les mesures d’accompagnement efficaces pour les plus affectés par la mesure. Il installe des pistes cyclables provisoires avant de demander l’avis ne fut-ce que des associations cyclistes. Il annonce la gratuité de la STIB pour les moins de 25 ans avant de rétropédaler dans la foulée. Face à tous ces cafouillages, le gouvernement continue le catalogue de ses belles ambitions tout en passant à côté d’une série de dossiers majeurs. En matière de sécurité routière, de stationnement, de lutte contre le vol de vélos, de coordination des chantiers, ce gouvernement manque la cible. »

Même l’augmentation de budget pour les transports en commun est gâchée par la diminution des moyens octroyés au nouveau métro (-12 millions). Et ce alors que les travaux pour celui-ci ont déjà pris six mois de retard. Incompréhensible.

Le MR bruxellois partage les aspirations à une ville plus verte, à plus de sécurité routière et de qualité de vie pour les Bruxellois, à la promotion des mobilités qui impactent positivement l’environnement, à l’ambition d’un modal shift qui met en avant la mobilité douce et à des transports en commun de qualité. Ce n’est pas en 2021 que nous y arriverons.

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