Pour La Capitale, Gaëtan Van Goidsenhoven fait un bilan de la majorité PS-Ecolo à Anderlecht et évoque les grands dossiers.

Une politique éloignée de sa population

« Je ne comprends pas comment le collège est passé aussi loin de sa population. Dans l’accord de majorité, il était expressément dit que l’implication des citoyens allait être renforcée et on est passé complètement à côté. Alors Good Move est évidemment l’exemple le plus marquant de ce ratage. On le voyait très clairement depuis le début, la majorité allait dans le mur. Les gens n’étaient pas au courant. Ils avaient l’impression que leurs priorités étaient complètement ignorées. Lorsque les choses ont pris une mauvaise tournure en septembre, une partie du collège a fait volte-face. Néanmoins, cette obstination à prétendre qu’il y avait des concertations à grande échelle, ça n’a pas plu aux habitants. »

« Avec mon groupe, on essaye de rapporter les craintes des citoyens. D’ailleurs, on est parfois pointé du doigt parce qu’on fait « trop d’interpellations. Les riverains se plaignent du manque de concertation et de dialogue. Cela explique ce climat quand même inédit dans l’histoire de la commune. Des interpellations citoyennes, il y en avait une tous les trois mois sous la précédente législature. Maintenant il y en a plusieurs par conseil. C’est évidemment un signal inquiétant du point de vue démocratique. Ce n’est pas un problème si les gens interpellent, c’est un problème s’ils ont fondamentalement l’impression que les dirigeants politiques ne vivent pas les mêmes réalités. »

Good Move : un mauvais bilan

« L’ampleur de cette défiance est inédite. Je pense d’ailleurs que ça a profondément marqué les esprits à Anderlecht mais même bien au-delà. Des collègues me parlent de ce qui s’est passé ici. C’est révélateur d’une volonté de la population de ne plus être tenu à distance. Je perçois une colère et ça, c’est peut-être un aspect inquiétant mais aussi une volonté très forte de la population d’entrer dans le dialogue. Non pas de se substituer aux responsables politiques mais de dire que maintenant, les grandes décisions doivent passer par une vraie consultation, une profonde implication de la population qui doit pouvoir exprimer ses choix. »

« J’ai rencontré de nombreux habitants, je voyais leur profond désespoir. Beaucoup de choses ne vont pas à Cureghem, et puis comme si on voulait fermer les yeux sur cette réalité, on impose Good Move en nous disant que c’est ça la solution. Je crois qu’on a assisté, dans notre commune, à un moment démocratique historique. Ce qui s’est passé à Anderlecht a aussi inspiré très largement. Même si le débat était très vif, peut-être parfois agressif, il s’est tenu au conseil communal et je pense que c’est bien. Si ça ne s’était pas tenu au conseil communal, je pense qu’il y aurait eu sans doute davantage de frustration exprimée dans la rue. »

Préserver les espaces verts

« Je suis un amoureux de la nature de longue date. J’ai eu la chance de vivre à 10 minutes de la zone de Neerpede, c’est-à-dire d’une zone naturelle rurale exceptionnelle. Je sais ce que ça m’a apporté dans mon accomplissement personnel. La présence de la nature en ville doit pouvoir être préservée. On a besoin de ces zones de respiration. On a le devoir de faire quelque chose pour que les Anderlechtois puissent encore avoir un bel endroit où se retirer du bruit et de la fureur de la ville. Neerpede, c’est 1.000 ans de présence de l’agriculture à Bruxelles. C’est comme ces cathédrales qu’on voit mais là c’est une cathédrale de paysages, c’est là où Erasme et Maurice Carême allaient se balader. C’est un lieu important pour les Anderlechtois. Ce n’est pas par hasard si ce projet d’étang de baignade fait débat. »

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